lundi 16 novembre 2009

Ils ont tué Giordano Bruno

par Pierre Escaffre
« La figure de cet homme-là est emblématique des menaces qui pèsent sur la pensée, hier comme aujourd’hui. »
      Marie-José Sirach
BRUNO (Giordano), philosophe italien, développement en nette rupture avec l’aristotélisme des thèses coperniciennes associées à un humanisme panthéiste « L’infini, l’univers et les mondes », accusé d’hérésie, incarcéré sept ans, jugé coupable par l’Inquisition, brûlé vif en place publique sur ordre du Saint Office (Nola, royaume de Naples 1548 - Rome 1600).

Référence tirée de l’ouvrage La trilectique — Partie lexique.


Portrait de Giordano BrunoPhilosophe, scientifique, humaniste au sens où l’on disait autrefois d’une personne qu’elle avait fait ses « humanités », les écrits et les travaux de Giordano Bruno l’ont conduit au bûcher de l’Inquisition. Défiant les dogmes de son temps, Bruno avait osé l’hypothèse de l’existence d’autres mondes autonomes. Ses conclusions contredisaient de plein fouet la doxa de l’Église, la Terre n’étant plus le centre de l’Univers. Ce décentrement touchait aux fondamentaux, notamment à la théorie biblique de la Création. L’Inquisition y avait vu une menace contre sa propre institution. Arrêté, soumis à la question (c’est-à-dire torturé) pour abjurer, il mourra brûlé vif le 17 février 1600 au Campo dei Fiori à Rome.

Splendide illustration de l’intellectuel à la fois brillant, persévérant et fragile, révolutionnaire du savoir, perturbateur de son temps, tenace dans ses recherches, rebelle et insoumis, capable de défier la toute-puissance de l’Église. Où sont donc les esprits libres et révoltés de notre temps, ceux à même de penser sans s’abandonner aux diktats de l’imprimatur médiatique ?
Le problème en effet n’est pas de réclamer, plus de quatre cents ans après, une contrition de la part de la « Sainte Église catholique, apostolique et romaine ». Celle-ci d’ailleurs s’y refuse ! La honte étouffe moins que les bretzels salés. Non, très honnêtement, la signification, s’il doit y en avoir une, du supplice enduré ne peut que se trouver dans l’interpellation envers chacun de nous : le dogme de ce siècle est celui du profit au détriment de l’homme. La civilisation est encore à construire, en demeurer témoin, c’est cautionner le pire. Vu qu’elle est objective, la science est supposée ne pas prendre parti, mais entre avoir et être, peut-elle rester neutre ?
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