lundi 10 novembre 2008

Entretien avec l’auteur

par Les Terres Bleues

Pourquoi fallait-il ou plutôt pourquoi faut-il changer de base théorique ?
Tout bonnement parce que les anciennes interprétations ne conviennent pas. La physique classique, celle de Galilée et de Newton, qui continue pourtant à marquer nos esprits plus d’un siècle après Albert Einstein, avait déjà été supplantée par la Relativité car elle restait muette face aux questions apparues après la découverte de la constance de la vitesse de la lumière dans le vide, une limite indépassable d’environ 300 000 km/s.
Si la physique relativiste, quant à elle, savait répondre à ce problème et apportait avec son continuum spatio-temporel un éclairage original sur la gravitation, elle s’est révélée par la suite incapable de s’adapter aux connaissances grandissantes dans le domaine atomique, "l’infiniment petit" auquel sans sourciller l’on applique aujourd’hui des lois probabilistes.

L’exercice est compliqué et, on peut le supposer, réservé aux spécialistes 
En fait, pas vraiment. Rédigé pour l’essentiel dans un langage courant, il est destiné à tous ceux qui s’interrogent sur nous, sur l’origine de la matière ou sur les causes de l’Univers. La curiosité scientifique n’est pas l’apanage des professionnels. Bien sûr, un minimum d’effort est demandé au lecteur, mais rien n’interdit de sauter des passages qui sembleraient difficiles, le fil conducteur du texte ne devrait pas en être rompu pour autant.

Sans aucune impolitesse ni ironie, c’est cependant écrit par un amateur.
Incontestablement, oui. Qui plus est, en Lozère où nous sommes bien loin de toute équipe de recherche universitaire, loin du Massachusetts ou loin de Göttingen. Mais c’est dans cet éloignement peut-être que se façonne l’aptitude à une approche d’ensemble réellement critique, malgré le véritable risque des réflexions solitaires de finir embourbées dans un entêtement stupide sur de mauvaises pistes. La liberté intellectuelle certainement est à ce prix. Et vu l’ampleur du changement donc l’audace requise afin de l’entreprendre, c’était probablement plus à portée d’une personne dépourvue de renommée à préserver.

En faisant court et si possible clair, quel est l’intérêt de ces propositions ?
La nouveauté principale est qu’elles fondent une cohérence inédite à laquelle rien de ce qui appartient à la physique n’échappe. Tout ce qui existe devient explicable. La donnée la plus sensible en est la disparition du temps mesurable. Nous vivons au présent. Et cette évidence notoire n’avait pas encore été affirmée par quiconque. Plus exactement, disons que les termes de cette observation n’avaient jamais été rationnellement examinés. Quant au reste, il en est fait état par ailleurs, tout a logiquement découlé de là, des atomes aux galaxies, de la lumière au zéro degré absolu, de l’antimatière à la masse des corps en passant par le big-bang et la gravitation. La trilectique est une explication globale.

Est-ce à dire qu’elle serait un recommencement de totalitarisme ?
L’interpellation est brutale et insolite mais finalement pas si injustifiée qu’il n’y paraît. Les bouleversements occasionnés par cette thèse « révolutionnaire » à proprement parler concernent d’abord, et c’est normal, la physique et la chimie : vitesse et accélération en particulier dont la définition précisément contient l’idée de mesure temporelle, ou même la classification des éléments, le tableau de Mendeleïev des classes de lycée qui se verra maintenant ordonné en une espèce de chandelier à sept branches. Mais les répercussions diverses, directes ou indirectes sont tellement extraordinaires, tellement inouïes, qu’il n’est pas crédible de les envisager ou de les prévoir toutes. Ce n’est qu’un début 

D’accord, mais dit autrement, y-a-t-il péril en la demeure démocratique ?
Dans le sens d’un déterminisme politique et d’une inévitable contrainte qui ne dépendrait pas des choix humains, assurément pas ! En ramenant le monde à la raison, la trilectique nous ouvre davantage d’horizons que ce qu’elle n’en ferme. Par contre, du point de vue des conceptions philosophiques ou des croyances, il est obligatoire que la nouvelle compréhension des choses ne fasse pas que des heureux. La fin du temps consommable est nécessairement une étape douloureuse pour ceux qui ont un avantage à maintenir une nuit noire sur l’esprit. Quoiqu’il en soit, perpétuer l’ignorance n’était pas une solution.

Que doit-on déduire de l’apparition du paraclet dans cette histoire ?
Son nom est d’origine grecque et veut dire avocat. Système intermédiaire par excellence, il est constitué de la lumière, de la surface de la matière, etc. En se servant de mots n’ayant pas de valeur scientifique mais qui devraient aider à s’en faire une image : il se situe entre le plein et le vide. Ni masse ni énergie mais les deux réunies, il est au beau milieu des autres la ligne de partage et donc l’intersection des corps et de l’espace.
Entre futur et passé, « il nous saute au visage et frappe à la conscience ». Sa connotation religieuse, c’est le Saint-Esprit dans l’évangile de Jean, ne devrait pas empêcher qu’on lui reconnaisse le sens et le rôle de représenter authentiquement tout ce qui est en devenir.

En le qualifiant ainsi, on va forcément s’interroger : « Et Dieu dans tout ça ? »
On s’interrogera peut-être. Mais la réponse est déjà sous nos yeux, et depuis très longtemps, si l’on peut dire, car à compter d’aujourd’hui c’est toujours le présent, et en ce domaine-là ce qui vaut pour demain est valable pour hier. Sérieusement et sans jouer sur les mots, nous savons sur le sujet à quoi nous en tenir, et nous savons aussi que par bonheur ou par malheur, il n’en va pas de la morale des hommes comme de la nature des choses. Alors, pourquoi dévoiler la conclusion du débat à ceux qui n’ont pas lu le livre ?
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