vendredi 23 janvier 2009

Présentation culturelle de la trilectique

par Pierre Escaffre
« Mais qu’advient-il des trous quand le fromage a disparu ? »
      Bertolt Brecht
Dans le fromage à trous, les trous existent-ils ? Incontestablement oui. Ils sont concrètement définis par le fromage autour qui lui-même demeure une évidence matérielle et dont la preuve est dans le fait qu’on le mange, pourrait-on dire en paraphrasant Engels à propos du pudding. Néanmoins sans les trous, il n’y aurait pas de fromage à trous, il y aurait autre chose. Si le fromage à trous est perçu en tant que tel, c’est uniquement parce qu’il est garni de trous.
Dès lors il suffit de prendre la mesure profonde mais au final très accessible de ce qui vient d’être écrit pour entrer de plain-pied dans une autre physique : la trilectique.
Fromage, trous, fromage à trous, dans l’ordre que l’on veut, il nous faut les trois termes pour saisir le réel.

Aujourd’hui, nous savons que les trous dont nous parlons sont pleins d’un mélange gazeux (azote, oxygène, etc.) formé de molécules, c’est-à-dire d’assemblages d’atomes aux composants de base identiques, protons, électrons et neutrons. Il en va de même pour la partie du fromage à trous extérieure aux trous proprement dits. Alors ?
Serait-ce à dire que tout s’équivaudrait, que chaque chose serait interchangeable avec n’importe quelle autre ? Bien sûr que non ! Si les trous, le fromage extérieur aux trous et le fromage à trous sont objective­ment de la même nature, ils ont chacun par contre une structure spécifique qu’il est possible d’exprimer à travers la formule suivante : la pente de leur courbe thermodynamique respective est différente.
Il peut sembler à première vue que l’on dispose là de l’ensemble des éléments nécessaires afin d’attaquer scientifiquement le problème. Or ce n’est pas le cas !



Si expliquer les trous par rapport au fromage qui les entoure, et réciproquement le fromage extérieur aux trous par rapport à ces trous, est avec un minimum d’efforts à la portée de tous, il reste cependant la question essentielle de l’unité fromage à trous.
Quelques uns maugréeront d’un haussement d’épaule : « Il est là, et c’est tout ! » Mais admettons honnêtement qu’une telle réponse n’est pas satisfaisante pour peu qu’on soit curieux car la pertinence de Brecht doit nous interpeller et pousser à vouloir savoir ce qui relie alors fromage à trous et environnement, intérieur de la cloche et plateau à fromage pour citer un exemple, puis table et atmosphère de la cuisine, puis cuisine et maison, puis etc.
D’abord de proche en proche, de loin en loin ensuite, au zénith, au nadir, nous irions à franchir les horizons cosmiques sans avoir rencontré le début d’un indice de la définition rationnelle cherchée : qui ou quoi donc contient ce qui contient en lui notre fameux fromage contenant lesdits trous ?

Sans solution dehors, on peut toujours tenter, ce n’est pas forcément un voyage facile, l’exploration interne. Entrons dans le fromage, mais progressivement, il paraît plus prudent de plonger dans un trou. Faisons-nous minuscules et prenant certains risques, pénétrons dans l’atome, rien ne nous en empêche, il n’y a pas de barrière. Appartient-il au trou ou déjà au fromage ?
Nous en ignorons tout, et plus nous avançons, plus nous n’en savons rien. Naviguant au hasard dans cet infracosmos où l’horizon encore délimite l’espace, après tant de chemin comment réaliser qu’au cœur de la matière, en chaque nucléon, s’étend un infini étrangement semblable à l’univers connu ?
Et si c’était le même ? Non, il faut rester lucide et chasser au plus vite cette idée intenable, se rendre à l’évidence, on n’atteint pas le fond parce qu’il n’y en a pas. Le trou dans le fromage n’est pas ouvert sur un infiniment petit pour motif esthétique, il est juste assez vaste mathématiquement pour tenir en lui-même l’univers qui l’entoure y compris le fromage.
Ainsi de la matière et de l’espace, il est indécidable de savoir à coup sûr lequel entoure l’autre.

Puisqu’il n’y a pas de bords et qu’il n’y a pas de bout ni non plus de couvercle, la question reste entière, qu’est-ce qui contient donc le fromage et les trous ?
Ultime échappatoire, notre fromage à trous même si on le mange serait une illusion, donc nous aussi avec. Ce qui revient à dire, le réel est-il vrai ou n’est-il pas plutôt un effet de l’esprit, une sorte de rêve prédestiné ou non à terminer un jour ?
Pour aborder ce point, il est indispensable de bien s’accorder sur le constat de départ, car les malentendus ne feraient qu’ajouter à l’incompréhension.



La conception classique affirmait la matière gravitant dans le vide et cette Mécanique ne réclamait pour elle que l’espace et le temps. Qu’aurait été un corps dépourvu de durée ? Puis arriva Einstein découvrant qu’il fallait dans un continuum quadridimensionnel observer la matière entourée de son champ et dotée d’un temps propre se mouvoir en suivant sa ligne d’univers, une géodésique, le trajet le plus court, le trajet le plus droit dans un univers courbe.
Malgré beaucoup d’efforts, la Relativité restait inconciliable avec les avancées théoriques quantiques qui aujourd’hui permettent aux praticiens des sciences de fonder leurs travaux sur d’improbables ondes de probabilité et d’étonnants couplages qualifiés de locaux, sans doute une antiphrase car ils n’ont aucun lieu pour pouvoir s’accomplir.
Effrayante logique dite de Copenhague, d’états superposés, de quantons corrélés, de chats tout à la fois morts et vifs dans leur boîte, avec pour seul critère de vérification et de validation : renormalisation et pourvu que ça marche ! Les physiciens modernes n’ont pas peur de tricher. La conscience tranquille, ils veulent simplement que personne ne puisse exposer qu’ils le font.
Ces diverses approches possèdent en commun la notion de durée, de temps qui se mesure et qui s’écoulerait plus ou moins lentement s’il est dit relatif ou régulièrement dans l’ancien absolu, mais respectant toujours un sens irréversible que la chimie parfois désigne d’une flèche.

Avec la trilectique, il en est autrement. L’énoncé initial "de la matière se meut dans l’espace" sert de preuve exclusive autant qu’instantanée à la matière, au mouvement et à l’espace. Pas de matière en soi, pas de masse au repos, pas de vide spatial ni de vide quantique, et transgression suprême, pas de chronométrage.
Il n’y a qu’une substance. On l’écrit E / m, c’est la masse-énergie.
Nulle nécessité de vouloir séparer philosophiquement verbe et réalité, le seul constat qui vaille est celui du constat. Le monde est au présent et c’est là que nous sommes, placés dans le rapport entre matière et champ ou symétriquement entre énergie et masse. Dans le fromage à trous, il n’y a que le rapport entre fromage et trous s’opposant à celui entre trous et fromage.

Et plus globalement, de l’atome à l’étoile, il faut considérer sous deux angles d’attaque, par la masse-énergie et par l’énergie-masse, un mouvement unique mais scindé en deux branches dont la composition, troisième direction engendrant le volume, permet la perception. Cette troisième force est le produit des autres, l’électromagnétisme et la gravitation dans un sens générique, distingue droite et gauche, topologiquement "direct" et "rétrograde", et confère aux notions d’attraction–répulsion la légitimation de leur orientation.
La pomme de Newton est une bonne image pour la gravitation car on peut négliger l’électromagnétisme et les interférences de faible intensité. Lorsque la pomme tombe, une partie d’espace disparaît dans la Terre et l’autre dans la pomme en proportion du nombre de neutrons de chacune. Hors la gravitation et autres "parasites", le même phénomène mettant alors en jeu protons et électrons se produit quand on place en vis-à-vis les pôles nord et sud magnétiques de deux corps aimantés.



Le modèle actuel, le modèle standard, implique une limite, vitesse inatteignable pour les corps matériels mais caractéristique particulièrement des rayons lumineux, symbolisée par c au-delà de laquelle règne un imaginaire qui peut être décrit par des nombres complexes.
Alors que chaque jour, les accélérateurs prouvent qu’il est possible de franchir sans problème le gouffre théorique entre "inférieur à c" et "vitesse limite", les maîtres de recherche maintiennent mordicus que le photon est fait seulement d’énergie et n’a aucune masse.

En refusant par contre un tel entêtement, il suffit de poser qu’à la vitesse c, en valeur absolue E est égale à m pour pouvoir relever dans l’équation d’Einstein E = mc² que + 1 et – 1 conviennent aussi bien à la constante c. Déduction immédiate, la seconde (de temps) n’a rien de temporel, elle est une unité de nature spatiale mesurant à peu près 300 000 km.
Déduction indirecte, puisque c² = 1, on peut aussi écrire qu’à c, m = Ec² et obtenir ainsi écrite m / E, la deuxième variable déjà nommée plus haut en tant qu’énergie-masse.
Troisième conséquence due au choc en retour, de la même manière que rien ne justifiait de donner à la masse un meilleur ou moins bon statut qu’à l’énergie, rien ne nous autorise à croire que le signe dont nous l’avons marquée s’impose à la matière, et fort modestement, il nous faut bien admettre qu’en termes de physique nord et sud, plus et moins sont pures conventions qui restent permutables. En déroulant le fil de ce raisonnement, on peut écrire que : c² = 1 équivaut à c² est égal à – 1, ce qui donne au total quatre valeurs pour c, à savoir : + 1, – 1, + i et – i, dévoilant au passage grâce à la lettre « i » l’anti-fromage à trous.

Pour résumer l’idée, un mouvement unique amorcé sur deux axes qui vectoriellement révèlent le relief, et se croisant en c, partagent l’univers entre quatre secteurs deux à deux opposables par rapport à c² : géométrie basique, naturelle et magique, et supersymétrique ! où littéralement nous avons devant nous et en trois dimensions la "matière concrète" remplie d’isoespace dans un "espace vide" qui est l’antimatière.
Ensemble qui ne laisse, même en imaginaire, pas le moindre interstice où pourrait se glisser une infime membrane de structure hyperfine voire se détecter le plus faible qui soit de tous les potentiels. Et bien, c’est au milieu de cet immense échange de masse et d’énergie, cet entrecroisement toujours modifié de matière et de champ que la réalité parvient à se loger, car elle n’est en fait ni l’objet ni l’espace mais leur séparation, ce qui veut dire aussi leur surface commune. Elle est immatérielle, purement algébrique ; elle est des deux côtés l’expression du rapport capté en temps réel entre les deux volumes.
Il reste à rappeler afin d’être complet que l’énergie ne peut jamais agir en soi, et la masse non plus peser en elle-même, ainsi en permanence c’est dans leur relation, et s’il faut la nommer, disons le paraclet, que doivent fonctionner nos sens physiologiques et nos capacités techniques d’analyse. Conclusion explicite : paradoxalement ce rapport unitaire n’est rien qu’une abstraction mais objectivement il représente tout.
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5 commentaires:

Arjen Dijksman a dit…

Je trouve l'introduction avec l'image fromage/trous intéressante. J'ai du mal à comprendre pourquoi et comment "une partie d'espace" disparait dans la Terre et dans la pomme en proportion du nombre de neutrons lorsque la pomme tombe. Comment sont exprimés la Terre, la pomme et le neutron en langage trilectique (E/m?) et comment varie ce rapport lorsque la pomme tombe?

Les Terres Bleues a dit…

Précisons tout d’abord que cette présentation dite culturelle de la théorie ne peut aucunement se substituer d’un point de vue de physicien, même très ouvert et large d’esprit, à l'approche fonctionnelle en cours d’écriture mais pas encore terminée.

De façon générale pour la trilectique, hors le 0 K (repos absolu) et en dehors de c (repos relatif, c’est à dire lorsque m = E), les rapports E / m et m / E évoluent continuellement car tout n’est que mouvement. Vu la date à laquelle a été posté ton commentaire, je me doute que tu as lu le texte sur la grande Pyramide, donc que tu as bien saisi que pour moi, ce qui paraît être « immobile » ne correspond qu’à un équilibre précaire entre les quatre interactions, qui peut malgré tout persister quelquefois pendant un trajet sidéral considérable de plusieurs milliers d’années-lumière, ou par exemple dans le cas de la pomme qui tombe être très légèrement à l’avantage de l’interaction gravitationnelle pendant les 300 000 kilomètres environ du parcours commun Terre–pomme qu’aura « duré » la chute de quelques mètres de hauteur.

Techniquement, chaque particule, corps ou objet céleste possède son propre rapport E / m qui n’est jamais que l’inverse de m / E d’ailleurs. Pour la Terre et pour la pomme, la valeur E est quasi-équivalente, un peu moins pour le neutron, la différence entre les trois se situant surtout au niveau de la masse. La variation de E est donc sensible « pendant » la chute mais reste faible par rapport à l’énergie de départ et à celle d’arrivée.

En plus, s’il fallait être très précis, s’agissant de gravitation, il faudrait travailler avec des nombres complexes et des anté-neutrons. Mais bon, entre mesurer une anté-pomme tombant sur l’anté-Terre ou s’attacher plutôt à étudier les effets de la chute d’une pomme sur la Terre, la simplification s’imposera d’office, et comme tout est supersymétrique, pas de souci théorique.
Quant aux formules de transformations, il me faut garder un peu de travail et de motivation pour plus tard.

Cordiales salutations.

Anonyme a dit…

Je me contenterai de dire que je respecte ton point de vue d'autant que tu l'exposes avec une grande humilité, mais je ne le partage pas, car tout ceci est très philosophique et pas très scientifique. Excuse-moi, je ne vois pas où cela peut bien nous mener...

Cordialement,
Doc 5967 - Strasbourg.

Anonyme a dit…

Tu avances E = m en posant  = 1.
Il n’est pas interdit en mathématiques, pour simplifier une équation d’établir une constante comme étant égale à 1 en modifiant des unités, mais EN TENANT COMPTE de cela pour comprendre plus facilement par la suite comment varient des paramètres dans certaines conditions, c’est même une chose fréquente.
Ici, tu n’en tiens pas compte et tu arrives donc à une conclusion absurde : c = 1 ou c = –1
(Au passage, on n’a pas c = i ou –i).
c désignant une vitesse, elle est :
1/ positive
2/ réelle et pas imaginaire.
C’est DE CETTE BASE dont il faut tenir compte, autrement, il serait facile de "bidouiller" n’importe quelle démonstration mathématique, et ce, avec toutes les valeurs que l’on veut.
Cela dit, je respecte tous ceux qui font des recherches, car si chacun se bornait à apprendre ce qui est "reconnu" sans aller "fouiller" au-delà, Einstein et les autres en seraient encore au temps de Newton.

Doc 5967 – Strasbourg.

Les Terres Bleues a dit…

Bonjour,

Et merci d’avoir bien voulu faire part de quelques unes de tes observations.

Il semble que tes objections soient essentiellement appuyées sur une acceptation de « l’intuition » de l’espace-temps, et du coup, c ne peut y être comprise que comme étant à la fois une grandeur "réelle" et de valeur positive.
Ma démarche est sensiblement différente : en ce qui me concerne, je pars du constat de l’invariance de c, et ensuite seulement je déduis la masse, l’énergie, la matière, le champ etc. Donc, la notion de vitesse, ainsi que celle d’accélération, n’est définie qu’après.
Conséquence logique, la trilectique implique une re-fondation de la physique, et les fameux "bidouillages" de démonstrations mathématiques dont tu parles doivent s’interpréter en tant que résultats d’une recherche entièrement libre pour établir de nouveaux postulats de base.
J’ajouterai, si tu permets, le rappel de l’attribution arbitraire des signes plus (+) et moins (–) en électromagnétisme, afin de justifier l’idée qu’opter simultanément pour des valeurs strictement positives des unités de mesure de masse (le kg) et d’espace (le m) relève uniquement d’un choix de modélisation, et n’est en aucune façon dicté par la « réalité » de la nature. D’ailleurs à ce sujet, je recommande la lecture sur ce même site de l’article relatif à la constante de gravitation.

Cordiales salutations.

- CNRS actualités : Physique 1

- CNRS actualités : Physique 2

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