mercredi 1 juillet 2009

Appréhender le mouvement du relatif à l’absolu

par Pierre Escaffre
« Tout est relatif, et cela seul est absolu. »
      Auguste Comte
Certains vont à bon droit se demander pourquoi un tel questionnement qui relève plutôt de la métaphysique apparaît sur ce site dont le but annoncé est de faire connaître puis de développer avec la trilectique une nouvelle approche à visée scientifique de la réalité. Et effectivement, si le mot relatif n’a jamais effrayé ni rebuté personne, le terme d’absolu, chargé de tant de maux infligés dans l’histoire aux penseurs hors le dogme et aux esprits critiques, le terme d’absolu, avis d’inquisition contre les hommes libres et contre le progrès, le terme d’absolu, en soi tout un programme de sujétion à « l’ordre », le terme d’absolu est un vrai repoussoir.

Malgré ce lourd passif qui légitimement devrait le condamner à ne plus savoir être associé par quiconque au domaine accessible à la parole humaine, le concept d’absolu interpelle toujours et très profondément les mortels que nous sommes. S’il est évidemment largement préférable de ne pas amener la moindre goutte d’eau au moulin diabolique des docteurs de la foi ou des théologiens à l’affût du blasphème et traquant l’hérétique que de mettre en danger les libertés publiques face à des intégristes dans une controverse où les raisonnements bâtis sur la logique ne sont pas entendus, il faut quand même admettre qu’il est préjudiciable pour l’émancipation de toutes les consciences de céder le terrain de « la quête du sens » aux seules religions.

L’absolu, c’est ce dont l’existence, la réalisation ou la valeur est indépendante de toute condition de temps, d’espace et de connaissance. Le relatif, c’est au contraire, ce qui devrait être comparé avec la moyenne des notions, des choses ou des êtres de même espèce, et ne peut être évalué en soi, d’une façon indépendante.

Trésor de la langue française informatisé (TLFI) — Cité sur MaPhilo.net .

Il paraît ambitieux voire présomptueux touchant à l’absolu de vouloir obtenir d’une définition qui fasse consensus, qu’elle arrive à cerner en un simple énoncé la signification de ce curieux « objet » à nul autre pareil, suprême par nature et forcément unique, on l’oublie trop souvent, dont la compréhension elle-même se trouve être l’enjeu au cœur de maintes polémiques.
Il fallait cependant choisir d’en donner une pour ouvrir le débat. Ce fut donc celle-ci qui offre l’avantage, outre sa concision, d’opposer en deux phrases l’idée de relatif à celle d’absolu. La condition de temps à laquelle il est fait nommément référence, doit être appréciée de manière univoque dans l’esprit de « durée », pas dans celui de « flèche ».

Première observation qui généralement ne prête pas le flanc à la contestation, l’absolu ne peut pas n’être qu’une partie d’un système plus vaste et supérieur à lui car dans cette hypothèse, ce serait ce second qui devrait emporter le qualificatif de principe absolu. Consécutivement, s’il existe en substance d’un point de vue physique, il sera synonyme de l’intégralité.
Rien d’extraordinaire, il faut le reconnaître, n’a été allégué afin de parvenir à cette déduction. Pourtant ce caractère – celui d’être total – conforme à l’argument rappelé en amont d’être sans homologue, détermine déjà l’attribut essentiel de sa constitution, et répond par avance à l’ob­jection suivante : est-il déraisonnable d’en retenir plusieurs vus à égalité ?

Ceci est impossible, catégoriquement, car au moins l’un d’entre eux engloberait les autres, ou aucun sur le nombre n’exprimerait le tout. Automatiquement, si l’absolu finit par être défini, il y en aura un seul. Une propriété qui scientifiquement pourrait se voir traduite par singularité.
Au niveau théorique, la singularité désigne des régions de l’univers où la densité supposée de la masse-énergie deviendrait infinie, phénomène associé à celui des trous noirs, ou parfois, au big-bang. Densité infinie ? — C’est une inattention. Énorme, gigantesque ou incommensurable, oui, mais pas infinie ! Sauf, si l’on est capable de dire en la matière ce qu’est l’infinitude, et malheureusement, il ne semble pas que l’on se soucie de ça.

  →  Cliquer ici pour atteindre le deuxième volet de la série du relatif à l’absolu.
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